Zéro déchet – Et si le recyclage n’était pas suffisant?

by | Oct 14, 2017 | Environment, lifestyle

Je recycle, tu recycles, lui il recycle peut-être pas, mais ensembles nous essayons de sauver la planète. En réalité, ce que nous faisons vraiment c’est juste…du bien à notre conscience – ok et un peu à l’environnement, mais il n’en reste pas moins que le recyclage comporte bien des limites. En 2014, un peu plus de 25 millions de tonnes de déchets se sont retrouvés dans des sites d’enfouissement au Canada et parmi ces déchets, seulement 24% sont réacheminés vers le recyclage ou le compostage. Le plus malheureux dans tout ça? Les déchets organiques (donc compostables) constituent un pourcentage élevé dans les dépotoirs et, lorsque mélangés à d’autre matériaux, ils dégagent du méthane, un gaz à effet de serre puissant . En plus de contribuer au réchauffement climatique, le jus de poubelle qui en découle contamine les cours d’eau.  

Savons-nous vraiment comment recycler?

Au Québec, on nous pousses dès un très jeune âge à prendre l’habitude d’utiliser le bac bleu/vert sans vraiment nous expliquer COMMENT et QUOI recycler. C’est un peu comme gérer ses finances – on nous apprend pas vraiment ce qu’est un compte REER à l’école! Bref, il s’agit d’un point important parce qu’une fois qu’on sait comment et quoi recycler, on se rend compte qu’on avait fait ça tout croche toute notre vie et que la moitié de notre bac s’est finalement retrouvé aux ordures. Heureusement, le site web de Recyc-Quebec est bien fichu et offre des outils facilement accessibles à tous et à toutes pour répondre à nos questions existentielles. Quand on regarde la fiche ci-dessous par exemple, on se rend vite compte que la liste des matières non recyclables est assez longue.

Ensuite, il faut prendre compte de certains petits détails tels que : le papier carton est recyclable sauf s’il est souillé (non ta boite de pizza ne va pas au recyclage), ton contenant de beurre d’arachide que t’a léché à la cuillère, il faut le laver avant de l’envoyer dans le bac, les sacs de plastique doivent êtres tous placés dans un seul sac afin d’être interceptés par la machine, sinon ils vont rejoindres leurs confrères aux poubelles. D’ailleurs, certains plastiques ne sont mêmes pas acceptés par le service municipal, tel que le plastique N.6 (ou polystyrène) – À faire attention : on le retrouve sous forme de styromousse mais il se cache aussi dans un costume de plastique transparent, d’où l’importance de bien lire le sigle. En réalité, le styromousse est bel et bien recyclable, mais à Montréal il n’existe que deux usines qui offrent ce service, dont l’écocentre de ville Lasalle et celui de ville Saint-Laurent. Le seul bémol? Il faut être prêt à les porter soi-même. Personnellement, j’ai choisi de ne plus acheter de produit emballés dans du N.6 parce que suite à un taux d’enthousiasme surélevé, j’ai réussi à accumuler des contenants de polystyrène qui ne se sont jamais rendu à destination. Enfin, ce que j’essaie de dire, ce n’est pas d’arrêter de recycler, mais de BIEN le faire. Je vous invites donc à vous informer auprès de votre municipalité afin de vous familiariser avec les services offerts pour mieux comprendre la gestion des déchet  et pour aider à augmenter le taux d’efficacité d’un système imparfait, mais pourtant si important.

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme

On connait tous ce fameux dicton de Lavoisier père de la chimie moderne, mais qu’en est-il pour tous ces objets envoyés aux usines de transformations? Et bien, les possibilités sont franchement impressionnantes : un carton peut se trouver transformé en revêtement de toiture, du papier journal peut entrer dans la composition d’une litière pour animaux, tandis qu’un contenant de plastique peut se faire peau neuve à travers un vêtement en polar. Tout cela est génial, mais ce qu’on oublie souvent c’est que le processus de transformation lui-même demande beaucoup d’énergie et peut générer des taux de pollution élevés. Entre autres, tous les matériaux ne possèdent pas le même ‘’taux de recyclage’’, c’est-à-dire la quantité de matériaux « envoyés au recyclage » par comparaison avec la quantité générée à l’origine ou consommée sur le marché. Le taux de recyclage du métal par exemple, serait bien plus élevée que celui du plastique. Ceci étant dit, le recyclage est toujours une bien meilleure option comparativement au développement d’un produit issue de matière vierge.

La guerre au plastique

Nous savons aujourd’hui que le plastique peut prendre jusqu’à 500 ans avant de devenir poussière. Cinq cents ans, c’est l’équivalent de 20 générations d’êtres humains sur la même planète – c’est vraiment longtemps! On est tellement entouré de plastique que je pense qu’un jour si des extraterrestres réussissent à conquérir la Terre, cette composante sera considéré comme élément du patrimoine culturel de la race humaine qu’on pourra admirer dans des centaines de musées à travers le monde. Ok, j’exagère un peu, mais comme si c’était pas suffisant, quand on parle de recyclage les bouteilles de plastiques ne sont malheureusement que rarement transformées en d’autres bouteilles en raison du processus compliqué. L’usine doit s’assurer de bien stériliser le produit afin d’éliminer tout contaminant possible et de  répondre aux exigences strictes de l’industrie alimentaire. Ceci étant dit, on peut déduire que le recyclage des bouteilles de plastique réside en un système dépendant de la création d’autres produits, le rendant ultimement un produit non durable. En contre exemple, le verre représente une bien meilleure alternative puisque sa transformation est plus proche d’un système à boucle fermée puisqu’un pot en verre peut redevenir un autre pot en verre. Qui plus est, cette matière contrairement au plastique se recycle indéfiniment sans perte de pureté ni de qualité. Lui donner une deuxième vie est extrêmement bénéfique à l’environnement puisque pour 6 tonnes de contenants de verres recyclés, le dioxyde de carbone (gaz à effet de serre) est réduit d’une tonne. D’ailleurs, le verre est issue de matières premières naturelles tandis que le plastique dérive du pétrole.

Ta mère c’est la planète Terre

On pourrait aussi mettre les choses en perspective et regarder la situation de cette manière-ci : est-ce que tu jetterais tes ordures dans ta propre maison? C’est un peu extrême comme pensée mais imagine qu’il n’y ait plus d’espace disponible pour les vidanges et qu’à chaque fois que tu prenais ta dernière gorgée de café ou que tu terminais ta boite de biscuits M.Christie, tu devais les laisser trainer dans ton appart. Quand on y pense cette réalité existe déjà, mais la seule différence c’est qu’elle est loin de notre vue. Parfois, je trouve inimaginable l’idée d’avoir créé des espaces uniquement réservés aux déchets. Ce n’est pas loin de la personnification que d’offrir une maison à des objets exempts de vie. De plus, il s’agit d’espaces qui auraient pu être exploités à meilleur profit, des espaces qui deviendront de plus en plus rares. Il suffit de regarder certains pays qui en sont déjà victimes, dont le Liban et sa triste crise des déchets. Pourtant il existe des solutions, dont adhérer à un mode de vie zéro déchet qui prône la réduction de la consommation et la réutilisation des biens. 

Sur ce, n’oublies pas que la Terre c’est ta mère et que ta mère, c’est aussi la mienne. Ensembles, nous devons prendre soin d’elle parce qu’elle ne vient pas en paquet de deux.  

Sources :
http://beta.radio-canada.ca/nouvelle/785168/dechets-carte-monde-pays-plus-environnement-recyclage-compost
http://www.statcan.gc.ca/pub/16f0023x/2013001/part-partie1-fra.htm
http://www1.ville.montreal.qc.ca/banque311/content/projet-pilote-de-recyclage-du-polystyr%C3%A8ne-postconsommation-%C3%A0-l%C3%A9cocentre-de-lasalle-
1https://www.theatlantic.com/technology/archive/2015/12/what-actually-happens-to-a-recycled-plastic-bottle/418326/http://www.gpi.org/recycling/why-recycle-glass
http://www.statcan.gc.ca/pub/16f0023x/2013001/part-partie1-fra.htm